Archive de Tag | "2008"

Tags:

La Voix du Nord, dimanche 14.09.2008

Publié le 18 avril 2011 par admin

14 septembre 2008
21 h 00 min
Les œnophiles des Vignes de Léo goutent à la bière

 La dégustation de bières, en conférence apéritive, était suivie d'un repas auquel les adhérents avaient pu convier leurs amis.
La dégustation de bières, en conférence apéritive, était suivie d’un repas auquel les adhérents avaient pu convier leurs amis.

| HELLEMMES |

Club atypique, les Vignes de Léo réunit souvent cent dégustateurs alors qu’un club traditionnel ne dépasse pas les vingt adhérents. La soirée de rentrée a commencé par une dégustation de bières.

La première réunion a eu lieu mercredi à l’espace des Acacias et la dégustation de « mousses » était suivie d’un dîner festif et décontracté.

Les adhérents pouvaient inviter leurs amis afin de leur faire découvrir le club œnologique. Bernard Caudal, le président (lire ci-contre), a prononcé quelques mots d’accueil et remercié « Michel Cossart d’avoir barré le bateau Vignes de Léo depuis vingt ans contre vents et marées.

À nous de garder le cap ».

Les conférenciers sont toujours des amoureux passionnés de leur métier et viennent parler de leurs produits et de leur savoir-faire. Daniel Thiriez avait accepté le principe de ces soirées et présentait six bières de caractère aux couleurs du malt torréfié ou des différentes épices incluses dans leur fabrication. Vraie et fausse blondes, blanche, rouge flamande en hommage à la vache du même nom, noire qui dispense en bouche un léger arôme de badiane et de clou de girofle, bière de Noël, l’Esquelbecquoise et l’Étoile très appréciée des Canadiens : des produits du terroir bien typés qui ont remporté beaucoup de succès auprès des oenologues amateurs. Les fleurs de houblon déposées en décoration ont aussi fait le bonheur des odorats et les commentaires pointus du sommelier Éric Dugardin ont ravi les amateurs de vocabulaire oenologique. Les prochains rendez-vous seront situés sous le signe de l’Alsace, de la Bourgogne, du Languedoc, du Sud-Ouest, du Bordelais, de la Loire, de la Champagne et du Rhône. •

> Conférences le deuxième mercredi de chaque mois à 18 h 30, salle des Acacias place Hentgès.

Commentaire (0)

Tags:

Dégustation des vins du Domaine de la Romanée-Conti : 06.08

Publié le 04 avril 2011 par admin

Quelques minutes avec Monsieur Aubert de Villaine, lors de notre grande soirée autour des vins du Domaine de la Romanée Conti.

Aubert de Villaine devant ses précieux flacon

tableau dédicacé par Jacques Ferrandez, Francois Boucq, Dany et Aubert de Villaine

tableau dédicacé par Jacques Ferrandez, Francois Boucq, Dany et Aubert de Villaine

Merci à tous

Commentaire (0)

Tags:

Les 20 ans des Vignes de Léo

Publié le 04 avril 2011 par admin

Menu préparé par Gonzague Coussement du restaurant « Au Turbotin »
après le repas Grande soirée Cabaret

Commentaire (0)

Tags:

Domaine Peyre Rose – Marlène Soria : 08.04.2008

Publié le 19 mars 2011 par admin

8 avril 2008
18 h 45 minau20 h 30 min

DOMAINE Peyre Rose – Marlène Soria

Par Isabelle LECLERCQ

Un grand Domaine que celui de Peyre Rose ! Des vins magnifiques, splendides ! qui font aimer à travers eux la typicité d’une région, pleine du charme des garrigues ensoleillées, de ses empreintes culturelles, et font découvrir l’esprit féminin qui sait associer caractère et raffinement, comme la beauté sauvage de notre Manon des Sources. Marlène Soria, femme talentueuse, que rien ne destinait au travail de la vigne, a su parer ses connaissances acquises sur le terrain d’une grande affectivité et d’une intelligence hors norme.
Je tiens à ce que mes descriptions traduisent une ode à sa féminité qui vaut à ce point les sensibilités aromatiques que l’on goûte dans les vins de Peyre Rose.

Syrah Leone 1993

Les effluves essentiellement viandés que répand le verre nous attablent dans un jardin sudiste, pour y côtoyer un monde viril, sanguin, vigoureux mais aux accents délicieux de parfums de violette. La deuxième aération nous sert, grâce à la fève de cacao, les gâteaux au chocolat et les compotes de pruneaux de nos goûters enfantins. En bouche, la torréfaction et quelques légers amers permettent de piquer au vif des fruits noirs et cuits comme le sureau, qui se seraient autrement tus en raison des notes dominantes de marinade, l’expression retrouvée des arômes viandés du nez… Une acidité encore bien présente aux configurations vives et juvéniles pour des tannins bien lisses et fondus.

Syrah Leone 1994

Saisissante et capiteuse évasion vers les odeurs de foin et de douce fourrure des clapiers, balayées par les olfactions des oliviers alourdis de chaleur, pour une bouche agréable, vive et fraîche, qui laisse savourer, avec vivacité, la tranquille douceur du fruit croquant (la fraise, la grenade), et le rassérénant parfum des herbes aromatiques. Une deuxième gorgée, pleine d’une sensualité animale, apporte une confiture douce et suave, celle fondue dans la marinade aigre-douce d’un lièvre au sureau.
La deuxième aération développe les fruits grillés et caramélisés, progressivement l’orange sanguine cuite et confite, caramélisée et en reprise en bouche, le vinaigre balsamique.

Syrah Leone 1995

Le verre nous mène par le bout du nez vers une agréable senteur de liqueur balsamique mutée au café et au sucre cuit, pour nous conduire dans les alcôves fruiteuses du cassis et du sureau. Amarrée dans ces olfactions sybarites d’un plaisir vif et immédiat, la bouche, se laisse bercer par des tanins souples et fondus, et place dans sa nacelle des notes de torréfaction, de café, de jus d’olive noire, de thym et de romarin, qu’elle ballotte longuement sur le mouvement perpétuel d’une finale vive, riche d’alcool mais merveilleusement fraîche.

Syrah Leone 1996

Lever de rideau sur la scène gourmande d’un été aux senteurs de cassis cuit, de tarte à la myrtille et de chocolat, pour révéler une bouche généreuse de fruits croquants et juteux comme la quetsche, aux expressions kirschées et vanillées peu communes (en dépit de ce qu’il n’y a aucun élevage en barrique !). Le rideau ne se baisse que très lentement sur un vin majestueux, accompli, qui offre une représentation très aboutie des meilleurs languedocs.

Syrah Leone 1998

Le nez décrit les ardentes garrigues aux chaudes effluences des herbes de Provence, dans un paysage de vergers sur fond de méditerranée. Juste ce qu’il faut de fruits rouges frais, comme la burlat, pour apporter les lumineuses et vibrantes colorations impressionnistes d’un bouquet aux teintes de caramel au beurre salé et d’épices. La bouche est exaltante et exaltée, sauvage, dense, généreuse, pleine de la matière du champignon, puis du fruit, en particulier la myrtille, mais épicé, parfumé des vivifiantes baies de Setchouan, qui accordent une fraîcheur et une jeunesse surprenante.

Syrah Leone 2002

Si le nez se fait moins attachant, peut-être parce que plus fermé que les précédents, la bouche acquiert une finesse et une précision extrême dans la déclinaison féconde, généreuse – onctueuse en milieu de bouche – des fruits rouges que sont la fraise, la framboise et la groseille. Elle ravit dans les plus prodigues jardins fruitiers envahis de plantes aromatiques; goûts de menthe poivrée, de camphre et de réglisse qui construisent parfaitement une expression languedocienne de caractère, et de longue garde.

Oro 1996

Magnifique robe de la couleur du Sauternes, qui dévoile, au nez, des arômes de citrons confits au vinaigre, les parfums floraux de la rose et de la violette, déploie, en bouche, l’éventail des amandes, pour offrir une liqueur d’une incroyable finesse se languissant sur les amers de la gentiane ou de la quinine. Magnifique création d’un jardin charmant de fleurs et de fruits, berceaux de citronniers, kiosques enrichis d’amandiers et de noisetiers !…

Isabelle Leclercq – 8 avril 2008

Isabelle LECLERCQ

Commentaire (0)

Tags:

Clos Marie, Pic-Saint Loup présenté par Christophe Peyrus : 11.2008

Publié le 19 mars 2011 par admin

Entretien avec Christophe Peyrus, vigneron à Pic Saint Loup

Par Isabelle LECLERCQ

Clos Marie, un nom qui brille actuellement dans les cieux languedociens… cependant qu’il s’agit une montée au firmament récente.

I) Faisons connaissance :

Qu’est-ce qui a été déterminant dans votre décision d’abandonner la mer pour la terre…

A dominé en moi, quand je pensais aux terres de Pic Saint Loup, l’idée d’un eldorado, une idée qui me plaisait bien.
Le domaine repris il y a quelques années était un petit domaine qui faisait à peine 5 ha, et qu’a laissé à Françoise JULIEN sa grand-mère, Marie. D’où le nom de notre appellation Clos Marie.
Sa grand-mère est décédée cette année. Elle avait 99 ans. Progressivement, le domaine a vu sa superficie d’agrandir, et s’est modelé, selon nos envies et l’idée que nous avions d’un terroir languedocien dans le respect des traditions séculaires.
Mais nous n’étions pas du métier !
Nous avions seulement des parents, et des grands-parents qui l’avaient été. Au fond de nous, restaient imprimées nos traditions, et l’envie de vivre de ces différents sols restait en nous. On avait cette empreinte familiale qui était là.
Le domaine s’est mis en place en 1992, le temps de recréer un outil de travail efficace, à commencer par la construction du chai, le temps de remettre le vignoble en place.
Beaucoup d’opportunités autour se sont ouvertes, notre superficie est actuellement de 23 ha, pour le millésime 2008, et on a acheté des terres qui étaient nues, des coteaux qui ne nous semblaient pas pouvoir supporter certains cépages.
Maintenant, je peux donc dire que Clos Marie est calé, avec tout ce que nous avons pu replanter, sur la commune de Lauret, une très petite commune de 800 ha, dont 130 ha de SAU (surface agricole utilisable).

Votre entrée dans le monde du vin, vous a-t-elle amené naturellement à modifier les traditions languedociennes ou au contraire à les maintenir.

Nous connaissons en ce moment une formidable avancée de notre appellation de Pic Saint Loup. Pour rappel, elle se situe à 40 kms au Nord de Montpellier, est adossée au piémont cévenol, constitué de parois calcaires qui culminent entre 200 m et 350. Tout le vignoble va se caler au pied de ces monts calcaires avec cette particularité topographique. Il se situe plein est, au levant et cela va jouer tout au long de la maturité des raisins.
On est dans une région où il fait chaud, très chaud.
Il y a toujours eu de la vigne plantée, depuis 2000 ans. Terres viticoles qui ont commencé avec les cités phocéennes, bien avant que les romains n’arrivent, et c’est une région qui a toujours vécu avec une masse de vin relativement importante. Certes, les mémoires sont très courtes, elles ne remontent que 50 ans en arrière, et le Languedoc pour beaucoup de gens encore, représente ces vins de masse qui font du mal à tous les vignerons qui travaillent bien…qui ont fait en sorte de présenter une belle région vinicole qu’il faut remettre en avant.
Cependant, il est chez nous plusieurs cépages qui font la magie languedocienne : en rouge, cinq cépages et sept en blanc. Au Clos Marie, il y a de très vieilles vignes qui étaient là depuis plusieurs générations, qui exprimaient des choses intéressantes, et qui sont donc des cépages autochtones !
Et aujourd’hui je suis toujours à la recherche de ce qui s’est fait avant. Car je pense qu’on n’a rien inventé en essayant tout ce qui a été mis en place. Quand je pense par exemple aux hautes densités qu’on a essayé de remettre en place sur le Clos Marie, puis nos expérimentations et notre pratique de la sélection massale, ces pratiques, si on revient aux techniques du début du siècle, existaient ! Les cépages autochtones étaient utilisés. Beaucoup de méthodologies, beaucoup de procédés étaient déjà très courants : y compris certaines techniques comme le pigeage, les cuves ouvertes…
Tout cela on tente de le remettre au goût du jour. Et on a cru à de la modernité, mais en réalité, ce sont des méthodes modernes sans l’être !
Techniquement, on n’a pas appris à faire du vin… Faire du vin, ne doit pas être un sacerdoce. Quand vous menez des beaux raisins à la cave, ça doit faire un beau vin derrière…

Vous vous faites fort de respecter les traditions… pour revendiquer l’histoire du Clos Marie et de ses vignes…A votre tour, dans le soin attaché à ce respect des anciens, pensez-vous transmettre ?

Bien sûr…Le but du vigneron, c’est de pouvoir transmettre. Plus vous transmettez un vignoble qui peut être vieux, plus vous allez transmettre une âme, quelque chose qui va pouvoir s’exprimer de façon extraordinaire, dans une texture finale.
Au Clos Marie, on avait des vieux carignans, de veilles clairettes, des vieux grenaches, et d’autres très vieux ceps acquis au fil du temps par des « papychons » qui étaient contents de pouvoir nous les léguer, qui étaient rassurés de nous voir travailler correctement, déjà, sur notre vignoble. Les anciens vous font plus vite confiance, quand vous avez du respect pour l’outil de travail. Dans le monde paysan, se séparer d’une terre, c’est toujours un arrachement.
Si vous la respectez, les anciens viennent plus facilement vers vous… Mais, il n’empêche, même s’ils vous vendent une terre, c’est toujours la leur de toute façon ! Et ils vous prient de bien prendre soin de leurs vignes…
Un vignoble peut devenir vieux si le vigneron l’entretient. La seule chose qui peut l’abîmer c’est l’homme. Il doit être vraiment respectueux de son vignoble.

Le Languedoc, c’est sept cépages en blanc, dont des cépages autochtones à savoir les vieux carignans, qui ont chez nous une cinquantaine d’années, et des clairettes qui ont eu cent ans en 2005 !

L’histoire des vignes de Pic Saint Loup a été durement affectée lors du mois de février 1956.

Seulement 5% du vignoble a résisté : il se trouvait sur un coteau, une enclave où il a été protégé, ou, sous la neige carrément ! En février 56, le 17 au soir, les anciens racontent qu’ils étaient encore en bras de chemise. Mais la nuit les températures sont tombées à -10°. Puis -30° pendant trois semaines par nuit.
La sève était montée, car le temps avait été anormalement trop doux, une sorte de chaleur qu’on trouvait excessive depuis une semaine, et qui avait favorisé un appel de sève brute et dans tous les vaisseaux végétaux. Cette sève montante brute a gelé.
Seuls les ceps sous la neige ont pu résister. Beaucoup ont pu être recéper à la base et c’est pour cela que l’on trouve encore aujourd’hui quelques vieilles vignes.

J’imagine que pas seulement les vignes ont été touchées…

Exact ! Les deux mille oliviers de la commune ont gelé, tout a disparu… On a donc décidé de remettre de la vigne. L’olivette est le nom choisi pour honorer cet événement.

II) II- Les cuvées : choix des assemblages, la densité, sélection clonale ou massale ?

D’abord la Cuvée Manon…
La Cuvée Manon provient d’un clos qui est entouré devant de la propriété… Mais entouré vraiment ! Manon est le prénom de ma fille. Quant à l’étiquette, elle me parle plus… La tête, la jauge… c’est mon passé de marin…

Pour L’olivette, hommage à l’hiver 1956… Pour La Cuvée Simon… Je devine… Le prénom de votre fils ?

Pour la cuvée Simon (effectivement le prénom de mon fils), on remonte du plus sur le coteau, sur le piémont, sur les parois calcaires…400 m d’altitude.

Pour ce qui est des taux de calcaire, ils passent de 10 à 15% ; c’est énorme pour la vigne pour qu’elle puisse résister ; ce sont des taux de calcaire assez impressionnants, notamment pour le système racinaire
Les porte-greffes choisis sont très limités : vins qui ont plus de densité et des cépages qui vont un peu plus souffrir sur le plan végétatif ; baie plus petite et petits rendements…
Sont plantés des syrahs, des grenaches et quelques mourvèdres…
L’élevage qui dure deux hivers ; le vin aime le froid, être dépouillé, avoir de la tranquillité ; il a besoin de se déposer, d’être clarifié, il va extrêmement bien déposer ; le froid va stabiliser. Il va stabiliser la couleur, il polymérise les tannins…ils se mettent en rang, ils vont donc se lisser…En demi-muids.
Cuvée intéressante, car elle passe tous les millésimes 30 à 40 hl/ha, elles donnent toujours une expression qui sera enrobé plus soyeuse sur la jeunesse.

Pour Les Glorieuses, d’une production annuelle de 3000 à 3500 bouteilles, on joue toujours sur du parcellaires, sur les différentes textures qui représentent la grande famille des vins du Pic Saint Loup.
Avec Les Métairies du Clos, on joue sur les vieux cépages entre 40 et 70 ans…qu’on utilise pendant la vinification. Les cuves sont délectées en même temps, on récupère en même temps le jus de la vinification, on assemble et on remet en différentes cuves.
On se simplifie ainsi les procédés de vinification…

Quelle est votre pratique en matière de sélection massale ? Est-elle chez vous une sélection récurrente ? Quels cépages prioritairement sont concernés ?

La roussanne, effectivement est un cépage que j’ai importée. Je suis allé la chercher sur des sélections massales qu’on a faites dans les Côtes du Rhône Nord et sud sur de très vielles vignes.
La sélection massale devient une sélection clonale quand on s’est investi dedans !, quand on est allé à l’origine la plus lointaine, dans la recherche d’une vieille vigne, la plus vieille que vous ayez trouvée sur le cépage qui vous intéresse.
D’abord on cherche…, visuellement ! C’est un travail qui peut vous prendre trois ans. Je voulais le raisin qui me convient : celui qui ne coule pas, celui qui a la texture des raisins qui me plaît, avec une végétation non excessive…peu abondante, qui est régulière. Quand je l’ai trouvée, il faut l’observer pendant deux ans, avant de ramasser le bois choisi. Puis je bague la souche et seulement après je peux prendre le bois.
La France est une vraie pépinière viticole dont elle peut être fière. Il est très intéressant d’observer ce qui se passe ailleurs et je suis très curieux de voir comment l’on procède ailleurs, de discuter avec d’autres vignerons ou pourquoi pas avec des amateurs.

III) Le terroir : principe d’une biodynamie…

Vous êtes passé d’une culture raisonnée à une philosophie biodynamique. Pensez-vous que le Languedoc soit le terroir idéal pour une biodynamie ? En d’autres termes, pensez-vous que certains terroirs soient plus à même que d’autres pour adopter les principes biodynamiques ?

Terroir plus propice que d’autre ?
Pour en juger, ne pas oublier que la climatologie reste un élément très difficile. Ici à Pic Saint Loup, c’est une appellation où la pluviométrie peut atteindre le mètre (pour donner une comparaison, on enregistre 750 à Montpellier)
Donc, le Pic Saint Loup est une région du Sud où il fait bon vivre et où pour mettre en place dans notre vignoble la biodynamie, cela reste assez simple. Puisque l’on a des fenêtres qui sont plus intéressantes, et une pluviométrie par saccades 80/100 ml d’eau pendant deux jours, puis un vent du Nord qui par derrière vous sauve tout ! Il est donc intéressant d’utiliser tous ces atouts et de ne pas forcément être très interventionniste. Du moins l’intervention doit être réfléchie et doit être en amont.
Dans la biodynamie, certaines choses sont adaptées au Languedoc, mais d’autres non.

Par exemple, la 501 ; préparation à base de silice et pour moi évidemment trop dangereuse et je ne l’utilise pas.

Comment se manifeste dans vos cuvées la recherche d’une expression de terroir ? Croyez-vous en la minéralité du vin ?

Trouver gustativement une différence ? Je ne sais pas… mais on a des vins plus sains.
La minéralité, je pense, est liée à ce que vous avez en mémoire (silex, pierre à fusil, iode). Son expression se réduit à des termes qui sont reliés à des familles ou par la base ou par les aspects gustatifs lies de cette famille là.

La minéralité existe dans les sols, et comment la préserver ?
Il faut préserver les sols par le labour, pour les faire revivre par la microbiologie des sols. Au niveau de la flore et de la faune…et automatiquement un sol qui vit vous restitue des choses intéressantes. Un sol qui vit va libérer le complexe argilo humique et moins il y aura de carence…
Tout ce qui est lié aux herbicides et insecticides… on le retrouve dans le vin ! Il ne faut pas se leurrer.

On importe des vins au Japon et là-dessus les japonais sont extrêmement rigoureux et nous réclament des extraits secs. En France, jamais on ne vous demandera d’extraits secs.
Dans les extraits secs on va retrouver tout ce qui est peut être résidu en excès.

IV) La vinification

Il est évident que des efforts portés à la vigne doivent nécessairement aboutir à un grand savoir en cave. Quels ont été vos choix en matières d’élevage.

Les raisins sont pressurés, mais je veille aux associations.
Par exemple, je pratique le pressurage des grenaches avec les muscats car les baies et leur niveau de maturité sont semblables…, se ressemblent…Mais je ne le ferai pas avec la clairette et le carignan, même si ce sont des cépages tardifs. Car là vous auriez le jus du carignan et la clairette qui a une pellicule dure se presserait mal…
Le débourbage sur ces vins blancs est relativement léger mais j’irai toutefois chercher le moins de lies possible, dans le but de donner de l’éclat et de la pureté aux vins.

Qu’est-ce qui peut donner de la pureté aux vins ?

Elle est justement obtenue par des process qui sont pourtant contraires à ce qu’on fait justement dans notre région. Pour donner un exemple, le bâtonnage sur les blancs est quelque chose d’illusoire. On l’a fait mais vite abandonné car il donne des choses contraires à ce qu’on recherche, qui ne conviendra pas à la notion de pureté, et qui ne répondra pas aux meilleures expressions de terroir.
On est dans le Languedoc, il fait chaud, il faut épurer les vins, il faut chercher le peu d’acidité qu’on a, tendre les vins, et tout au long de l’élevage, du pressurage, de la vinification la recherche de cette acidité reste le gage de réussite pour aller chercher le plus de droiture.

Il apparaît donc difficile de rechercher une identité constante pour chacune des cuvées, nécessairement on y décèle pour chacune d’elles un effet millésime…

Bien sûr… Certains millésimes, très solaires, comme 1998, 2001, et 2006 où il a fait chaud et chaud tout le temps, les raisins ont été plus agressés, les vins donc plus charnus, plus ronds…
2006 a été un millésime chaud. Il nous a fallu aller chercher les blancs bien plus tôt que les rouges. On a eu pratiquement presque dix jours de différence entre le ramassage des blancs en arrêt; il faut préserver l’élégance, la finesse et la pureté. On ne doit pas faire trop mûrir la pellicule. Par expérience, la maturité des blancs chez nous en Languedoc, est quelque chose d’illusoire.
Pour les rouges,le millésime 2006 a apporté peu de fruits, peu de production (c’est là une grande différence avec 2005 qui a été une grande récolte sur les équilibres des raisins).

Pour un rouge, c’est visuel, gustatif, mais pour un blanc si vous attendez une maturité pelliculaire, physiologique du raisin, vous avez déjà basculé vers ce qui sera sans doute bon, mais sans doute trop lourd.

Les cépages autochtones sont le reflet de ce qui correspond le plus à votre terroir…Quels sont-ils précisément et qu’apportent-ils réellement ?

Pour le moment, je suis effectivement dans la recherche de ce qui correspond le plus à notre terroir. Actuellement je m’intéresse au terret. C’est un travail de longue haleine…

Tous les cépages sont intéressants. Notre sélection de syrah et de mourvèdre commence à produire. Enfin, je commence à toucher du doigt ce travail là. D’abord je tente d’aller au maximum vers ce qui me plaît au niveau visuel, au niveau gustatif. Je veux ce qui le plus adapté à ce que j’aime…
Les sols, au Clos Marie, ont tendance à ne jamais craindre la sécheresse : le terroir va donner ce qui est plus juteux, ce qui se vinifiera plus facilement avec un temps de macération plus court, avec des expressions plus saines aromatiquement.

Je veux un vin qui peut exprimer la notion de terroir, car le terroir arrive à apporter de la complexité, une source aromatique différente et finalement plus de plaisir à la dégustation.

Comme pour les blancs, vous optez pour un choix de vinification (macération courte) qui vise lui aussi à apporter plus de finesse et de pureté aux rouges. Mais dans ces principes, finalement il est des nouveautés dans vos procédures…

D’abord, pour ce qui est de la méthodologie de la vinification, je dirai que plus elle est simple, plus elle vous apportera satisfaction.
Aujourd’hui ce sont des choses dont je suis convaincu, par rapport à une expérience qui n’est pas vieille, quinze millésimes !
Mais c’est quinze fois la possibilité de s’exprimer. Mais quand vous avez en face de vous un vigneron qui a eu 35 à 40 fois la possibilité de s’exprimer, c’est qu’il est au bout de sa carrière. Il faut faire le moins d’erreurs possible, et l’influence du millésime chaque année est renouvelée et elle existe.

Parmi mes expériences, je pense que l’introduction du viognier a été une grosse erreur ; il a été introduit il y a une dizaine d’années. Nous étions emballés. Nous l’avions trouvé si aromatique, si noble… mais il n’a sa place que sur son terroir d’origine, celui de Condrieu.
Les acidités sur les vins chez nous sont difficiles à tenir. Et le viognier qui a déjà peu d’acidité n’est pas adapté à notre région.
Au niveau de la densité, ensuite, je suis passé à 8000 puis 9000 pieds/ha (ce qui était à l’encontre des dires des ingénieurs agro qui pensaient qu’il fallait se limiter à 4000 pieds/ha-pour des raisons de résistance ).
On a donc des petits vignobles, et dieu sait que le vigneron est toujours a la recherche du plus pur, du plus intéressant, du plus mûr, du plus facile à vinifier. On a des vignes qui ont moins de végétation, qui vont faire de plus petits fruits et qui vont être plus équilibrées. Pour moi, la floraison est quelque chose d’essentiel ; plus la floraison se fait rapidement plus la maturité sera intéressante et homogène. Donc, si les baies sont plus petites, donc plus faciles à extraire, le temps de macération s’en trouve plus court. De là, nous obtenons plus de respect du fruit, plus de minéralité, plus de droiture, plus de fraîcheur car plus d’acidité en raison d’une plus haute concentration sur les polyphénols. Et, on a un vignoble qui est plus à taille humaine.
La haute densité apporte plus de choses, tant au niveau cultural qu’au niveau de l’élaboration du vin.

Tous les vins du Clos Marie sont issus de vinifications croisées, effectivement. Qu’en est-il des autres choix des procédés ? A plusieurs reprises vous évoquez la difficile quête du taux d’acidité maximum…

En Languedoc l’acidité est quelque chose qui peut-être illusoire, car c’est la première chose que l’on va perdre, donc il faut être très précis au moment du ramassage. Plus le Ph sera bas, plus un vin sera taillé pour la garde !
Deuxième facteur : l’alcool, il apporte de la lourdeur, mais il apporte aussi de la tenue.
Il apporte de la gourmandise et des notes croquantes.
Certains vignerons ramassent avec un taux de 14, 14.5° d’alcool naturel. Je ne suis pas d’accord. Il ne faut pas se laisser tenter par les sirènes de la surmaturité.

Le Languedoc a su prouver qu’il ne faisait pas seulement le vin lourd !
La recherche des vignerons languedociens et tout ce qui a été fait en matière de précision, a prouvé de bons résultats.
Beaucoup se battent encore pour prouver les potentialités du terroir.

Pour les blancs, il faut du jus, et donc il faut faire du rendement …6500 kg/ha pour pouvoir restituer 35 hl.
On peut aller plus loin…, mais il faut que le millésime le permette.
Nous utilisons un pressoir pneumatique qui monte très doucement en pression, qui respecte énormément les différentes phases : un premier jus, puis deuxième jus, ensuite le troisième cœur et enfin quatrième cœur… Plus on se rapproche du pépin, plus on va chercher de l’astringence, moins on va chercher des sucres et plus on va chercher les acidités basses.
A la sortie du pressoir, les jus sont certes très mouillés. Mais on ne veut pas aller les chercher pour préserver cette acidité qu’on a eue sur les deuxième et troisième cœurs de raisin.

Globalement, pouvez-vous dire si votre terroir est assez facile à vinifier ?
Oui, c’est un terroir qui fait du jus. Et c’est toujours intéressant d’avoir du jus en cuve, notamment lors des remontages et pigeages car l’influence du marc sur les matières liquides est toujours intéressante. Il permet que soit préservée la structure du fruit.
Je n’aime pas les vins qui sont des bêtes à concours ou des bêtes à l’extraction !
Je leur préfère un côté plutôt tendu. Les cuvaisons sont généralement courtes ( de huit à douze jours de macération).
Les raisins sont généralement généreux ; ils vont livrer assez rapidement tout un panel aromatique (anthocyanes, et polyphénols –tanins et acides -, et tout ce qui va toucher la sensibilité du vigneron ; l’équilibre, l’attaque et la gourmandise).
L’élevage se fait en pièce bourguignonne de 228 l. Et j’utilise plus ou moins des fûts neufs ; on change si le fût est abîmé (s’il réduit trop, par ex.)
Je tiens absolument à la cuve béton non revêtue ! – surtout pour nos régions.

V) Le devenir du Languedoc

Qu’en est-il de votre demande AOC Pic Saint Loup auprès de l’INAO?

L’appellation Pic Saint Loup, ce n’est plus qu’une question technique et juridique actuellement pour avoir l’AOC.
Pour les rouges, le cahier des charges définit la syrah, le grenache et le mourvèdre comme cépages majeurs…et globalement l’AOC autorise en réalité cinq cépages… donc deux complémentaires…

A Clos Marie, si on est d’accord pour parler de cépages majeurs, il n’empêche que les deux autres, qui sont des cépages autochtones, des vieux cépages sans doute plus difficiles à maîtriser, sont très intéressants.
Il est dit que les vieux cépages ne sont pas autorisés aujourd’hui à être replantés. C’est une aberration. Certains… utilisent ces vieux cépages…

Il faut être à l’écoute de ce qui se fait sur le terrain et mettre le passé au service du futur.

Isabelle LECLERCQ

Commentaires (1)

Advertise Here
Advertise Here

Archives